Incidence et mesure des impacts du délirium induit par l’urgence (MIDI – INDEED)

 

Chercheur(s) du CRCHU de Québec : Simon Berthelot, Marcel Émond, Stéphane Lemire,Lynne Moore,Jacques Morin, Philippe Voyer

Autre(s) chercheur(s) : Marie-Eve Lamontagne, Raoul Daoust

En 2011, les premiers membres de la génération des «baby boomers» ont eu 65 ans. D’ici 2031, la proportion de la population de plus de 65 ans va presque doubler, avec les plus fortes hausses dans le segment des personnes de 85 ans et plus. Pourvoir des soins de santé de qualité aux patients âgés à l’urgence est un défi particulièrement difficile. Inouye et al. ont démontré qu’un séjour à l’urgence de plus de 12 heures était l’un des prédicteur indépendant les plus important d’un délirium subséquent chez ces patients. Cette situation est de plus en plus préoccupante, car le temps d’attente à l’urgence est de plus en plus significatif. À ce jour, il n’existe aucune donnée sur l’incidence du délirium induit par l’urgence suite à l’instauration récente d’une politique provincial de l’ « approche adaptée à la personne âgée au département d’urgence ».

 

Objectifs: L’objectif principal de cette étude est de combler une lacune dans les connaissances de base en ce qui concerne l’incidence, la gravité et les effets du délirium induit dans le segment de la clientèle de 65 ans et plus qui vivent un séjour prolongé à l’urgence (> 8 heures). Plus précisément, nous allons : A) Mesurer la proportion d’incidence du délirium induit par l’urgence, B) évaluer et comparer l’incidence du délirium à différents hôpitaux compte tenu du niveau d’implantation de leur «l’approche adaptée». C) Mesurer la durée de séjour des patients souffrant d’un épisode de délirium induit, la comparer aux patients sans délirium et mesurer les impacts potentiels sur le surpeuplement des urgences participantes. D) Évaluer le potentiel prédicteur de variables clinico-administratives sur les épisodes de délirium induit par l’urgence. E) Mesurer et comparer la proportion de retour non-planifié à l’urgence et le déclin fonctionnel dans les 60 jours suivants le congé de l’hôpital.

Méthodes: Une étude de cohorte prospective sera réalisée dans cinq départements d’urgence du Québec. Les participants éligibles au projet seront identifiés à l’aide des systèmes informationnels des urgences. Critères d’inclusion : les patients seront éligibles s’ils sont 1) âgés de 65 ans et plus, 2) sans délirium à l’arrivée à l’urgence et 3) admis dans un service hospitalier. Tous les patients seront exposés à un minimum de 8 heures de séjour à l’urgence avant d’être inclus. Critères d’exclusion: un patient 1) avec délirium dans les premiers 12h de séjour, 2) incapable de fournir des renseignements médicaux, 3) incapables de parler français ou anglais ou 4) présente un situation médicale instable.

Résultat principal : L’incidence du délirium induit par l’urgence sera mesurée avec l’outil validé  Méthode d’Évaluation de Confusion (CAM) et la gravité sera mesurée avec l’index de sévérité du délirium. Résultats secondaires : L’évaluation des impacts sera mesurée grâce 1) à la durée de séjour total hospitalier, 2) le statut fonctionnel et 3) les retours non-planifiés à l’urgence. Ces mesures seront faites 60 jours après la sortie de l’hôpital.

Retombées attendues : Cette étude prospective comblera la lacune de connaissances en ce qui concerne la proportion d’incidence du délirium induit par l’urgence et ses impacts sur la durée du séjour à l’urgence. Les services d’urgence doivent pouvoir mesurer leur niveau d’adaptation de leurs soins aux patients âgés et modifier leur pratique selon les meilleures données probantes disponibles. L’étude proposée fournira des informations cruciales pour la planification future des soins et des recherches associées au délirium induit par l’urgence.

Projet financé par le FRQ-S

Chercheur principal

Marcel Émond M.D. M.Sc. CCMF(MU) FRCPC, Urgentologue, Hôpital de l’Enfant-Jésus, Clinicien- Chercheur, CHU de Québec

Cochercheurs

Simon Berthelot, MD M.Sc. CCMF(MU) FRCPC(MU), Urgentologue, CHU de Québec
Raoul Daoust, M.D. M.Sc., Urgentologue, Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
Marie-Eve Lamontagne, erg., Ph.D., Chercheuse, Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et en intégration sociale, Université Laval
Stéphane Lemire, M.D. FRCPC, M.Sc., Interniste gériatre, CHU de Québec
Lynne Moore, PhD, Chercheuse à l’Axe Santé publique et pratiques optimales en santé, CHU de Québec
Philippe Voyer, inf., Ph.D., Chercheur, Axe santé des populations et pratiques optimales en santé, CHU de Québec

Collaborateurs responsables de site

Mathieu Pelletier, MD, CCMF, Professeur agrégé de Clinique, UMF du Nord de Lanaudière
Marilou Duval, MD, CCFP, Urgentologue, CSSSTR

Collaborateurs

Natalie Le Sage, MD CSPQ PhD. CHU de Québec
Jacques Lee, MSc, FRCP. Sunnybrook Health Science center, Toronto
Jane McCusker, PhD, McGill University
Michèle Morin, MD, CHU de Québec
Marcel Rheault, CSSS de Trois-Rivières
Thien Tuong Minh Vu, MD, CHUM
Lucille Juneau, MSc (nursing), CHU de Québec
Danielle Émond, MSc (nursing), CHU de Québec

Coordonnatrice de l’étude: Valérie Boucher
Étudiants:

Marianne Giroux: ergothérapeute et étudiante à la Maîtrise en épidémiologie : son projet porte sur l’association entre le délirium à l’urgence et le déclin cognitif et fonctionnel chez la personne âgée.
Antoine Laguë: étudiant en 3e année de médecine (avec un cheminement recherche) : il s’intéresse à la question Bergman-Paris pour l’identification du trouble cognitif à l’urgence.
Catherine Bédard: infirmière et étudiante au baccalauréat en psychologie : son projet porte sur l’Ottawa 3DY.
Anne-Julie Gagné: étudiante au baccalauréat en psychologie (avec un cheminement recherche et certificat de gérontologie) : son projet porte sur le 4AT.
Samuel Charland-Larivière: kinésiologue et étudiant au baccalauréat en physiothérapie : il s’intéresse à l’impact de la polypharmacie et du contrôle de la douleur sur l’incidence du délirium à l’urgence.