Phase II : Règle de décision clinique pour les patients atteints d’un ICT à haut risque au département d’urgence

Chercheur du CRCHU de Québec : Marcel Émond

Autre(s) chercheur(s) : Jeff J. Perry, Marco Sivilotti, Andrew Worster, Mukul Sharma, Corinne Hohl, Ian Stiell, Bjug Borgundvaag, Georges Wells et Jacques Lee.

Les ischémies cérébrales transitoires sont souvent appelées dans les termes courants des petits AVC, ils sont fréquents et peuvent souvent être une prémisse à un AVC complet avec des dommages permanents au niveau du cerveau. L’Organisation mondiale de la santé définit une ischémie cérébrale (ICT) comme un déficit neurologique soudain, focalisé, ayant une durée de moins de 24 heures et présumé d’origine vasculaire. Les symptômes les plus fréquents sont des hémiparésies (faiblesse d’un côté du corps), les hémi paresthésies (diminution de la sensibilité d’un côté du corps), les dysarthries (difficulté d’articulation), la diplopie (vision double), la perte d’équilibre, la dysphasie (difficulté à l’utilisation du langage écrit ou oral) ou finalement la perte de vision monoculaire.  Les ICT sont causées généralement par une ischémie, donc un apport inefficace de la circulation des vaisseaux sanguins au niveau de la cellule neuronale, soit par maladie vasculaire ou embolie vasculaire.  L’ICT est un diagnostic clinique qui est souvent fait à l’histoire et, par la suite, à l’examen physique. Initialement considéré comme bénin mais maintenant, il serait reconnu comme étant un potentiel d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de décès à court terme après le diagnostic.  Il va de soi que l’identification et le triage des ICT ayant le traitement approprié est un idéal pour la prévention des AVC.  Ce projet de phase II est la suite de la phase I qui a déjà recruté près de 4000 patients dans 8 institutions canadiennes, dont 85 patients ayant subits un AVC dans les 7 jours suivant la visite initiale à l’urgence.  Au cours des 4 dernières années, une règle sensible pour le risque d’AVC suite à une consultation pour une ICT a été développée.  La règle canadienne d’ICT (Canadian TIA score) priorise les patients en différentes catégories allant d’un risque minimal (0.5%) à un risque très critique (>10%) qui nécessite une investigation immédiate après l’urgence.  Le score de la règle a une bonne discrimination avec une aire sous la courbe ROC de 0.77.  Le but de cette phase II est de valider prospectivement la règle canadienne ICT en recrutant des patients avec des ICT sur 17 sites canadiens pour une période d’environ 3 ans.

 

Objectif principal: L’objectif principal de cette étude est une validation prospective de la performance du Canadian TIA Score (le pointage canadien d’ICT) en recrutant des patients dans une nouvelle cohorte de patients se présentant à l’urgence différente de la phase I et d’évaluer aussi la performance de la plus récente règle ABCD2i.

Déroulement: Une étude de cohorte prospective sera réalisée sur 17 sites canadiens pour une période d’environ 3 ans. Les patients admissibles à l’étude seront approchés par l’équipe traitante de l’urgence suite à la présence d’un diagnostic d’ICT.  Le patient sera informé de la possibilité d’un rappel par l’équipe pour un suivi téléphonique et un consentement verbal sera alors à ce moment-là obtenu.  Il sera noté par écrit dans la feuille de recueil du médecin d’urgence.  Une seconde évaluation dite inter-observateur pourrait avoir lieu entre le médecin et un autre médecin/résident après l’obtention du consentement verbal du patient.

Hypothèse: On émet l’hypothèse que la règle ABCD2i dans la phase précédente est valide. La validation proposée dans cette phase est nécessaire avant l’étape d’implantation du Canadian TIA Score dans la pratique clinique des urgentologues et des médecins de premières lignes.

Résultats attendues: Une fois validée, cette règle permettra d’identifier les patients à haut risque d’AVC suite à une consultation à l’urgence, et ce dans les 7 jours suivants leur présentation. Le score développé a un potentiel non pas juste de bien identifier les patients nécessitant une référence urgente et une prise de charge après une ICT pour la prévention d’un AVC, mais aussi d’identifier les patients qui n’ont pas besoin de tests, de consultation ou d’intervention, dans le but d’optimiser l’utilisation des ressources toujours limitées.

Projet subventionné par les instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)

Chercheur principal

Jeff J. Perry, MD, CCMF (MU), FRCP C), Professeur associé Université d’Ottawa-institut de recherche en santé d’Ottawa, Urgentologue Hôpital d’Ottawa

Chercheur associés et leur affiliation :

Marcel Émond M.D. M.Sc. CCMF(MU) FRCPC, Urgentologue, Hôpital de l’Enfant-Jésus, Clinicien- Chercheur, CHU de Québec
Bjug Borgundvaag, University of Toronto, Faculty of medecine
Corinne Hohn, University of British Columbia, Faculty of medecine
Jacques Lee, University of Toronto, Sunnybrook Research institute, Faculty of medecine
Mukul Sharma, University of Ottawa, Ottawa Hospital, Faculty of medecine
Marco Sivilotti, Queen’s University, Faculty of medecine
Ian Stiell, University of Ottawa, Ottawa, Faculty of medecine
Georges Wells, University of Ottawa, Ottawa, Faculty of medecine
Andrew Worster, University of McMaster, Dalhousie Hospital, Faculty of medecine

Infirmière de recherche (site de l’Enfant-Jésus, CHU de Québec): Suzy Lavoie